L’une des plus longues journées que j’ai eues.

Vendredi j’ai entamé ma 1ère journée de formation. Le diplôme universitaire (DU) Écriture & Métiers de la rédaction de l’université de Cergy-Pontoise que je convoitais depuis si longtemps ! Cette première journée a signé le début d’un autre possible. Celui d’une autorisation que je m’accorde à moi-même.

Oui, c’est la première fois que je m’autorise à me former sérieusement aux lettres.

Au programme de ce DU : décryptage de l’écriture créative, mises en récit, relation à la langue, mises en voix, analyses approfondies de textes, conceptions et tenues d’ateliers d’écriture. Bref, un beau programme qui viendra forcément enrichir mon programme de cycles d’ateliers d’écriture, c’est certain.

Quand je dis que c’est la 1ère fois que je m’autorise ce type de formation, c’est parce que je repense forcément à ma période de lycée où je rêvais de suivre une filière L (littéraire pour les plus jeunes ^^). Je repense forcément à ma prof principale me disant que ma moyenne en italien et en anglais ne me permettrait pas d’évoluer ‘confortablement’ dans une filière L. J’entends encore ses paroles et son conseil « Prenez plutôt une voie scientifique ».

À l’époque, et aujourd’hui encore, tout ton avenir se conjugue à une poignée de chiffres. Des notes qui scellent ton futur. Des notes qui ne tiennent compte ni de ta motivation, ni de tes envies profondes, ni de ta situation, ni de ton parcours de vie. Non.

En fait, des notes qui ne tiennent compte de rien qui constitue ce que tu es vraiment. 

Des notes justes là pour attester, qu’à un moment donné, dans ta vie, on t’a questionné sur quelque chose et que tu as répondues plus ou moins juste. Des notes qui ne veulent rien dire de plus que cela !

Et voilà que, 20 ans plus tard, je retourne sur les bancs de l’école, de la fac, pour reprendre ma vie en main, lui donner le sens que j’ai toujours voulu lui donner.

Alors, c’est vrai que je pourrais me passer de ce DU. J’ai un master 2 en management et communication, de nombreuses formations à mon actif. Je suis une écrivaine publique formée, en passe d’être agréée. J’ai pu montrer, au fil de mon parcours, que le travail acharné paie. Paie toujours.

En fait, j’ai appris à composer avec ça. J’ai appris à faire du travail un allié de choix. J’ai réalisé que tout était à ma portée, à partir du moment où je décidais de me faire confiance.

Pleinement.

Complètement.

Mon meilleur allié, le travail acharné.

Et cela m’a demandé beaucoup de sacrifices. Beaucoup.

Des sacrifices que j’ai accepté de faire et que je n’étalerai pas ici par pudeur et par respect pour ces vieilles attitudes qui font de moi celle que je suis.

Donc me voilà, 20 ans après cet épisode malheureux du lycée, à intégrer cette promotion de DU, à faire partie des 5 candidats sélectionnés (oui, oui 5 !) pour intégrer le parcours tant convoité ! Celui de faire écrire.

Pour moi, c’est un beau pied de nez. Un pied de nez à cette prof principale qui ne croyait pas en mes capacités littéraires, un pied de nez à ce système éducatif qui s’obstine à vouloir nous enfermer dans des cases. Un pied de nez encore quand je vois que, sur les 5 participants, 2 sont professeurs agrégés de lettres. Comme quoi !?

20 ans après, je m’autorise à être celle que j’ai toujours su être.

Une femme de mots. Une semeuse de mots.

J’ai comblé les crevasses de mes lacunes à coup de travail, de détermination, d’autoformation, de formations alternatives, d’apprentissages alternatifs. À tel point  qu’aujourd’hui, je conseille des auteurs sur leur écriture, je donne mon avis à des maisons d’édition, je conçois et j’anime des ateliers d’écriture. Et, je reçois tellement de remerciements pour tout ça.

 

Alors, vous savez quoi ? Ce parcours, j’en suis fière. J’en suis fière parce qu’il m’a appris quelque chose de fondamental.

L’écriture c’est d’abord et avant tout, une histoire de cœur.

Pas de technique. De cœur.

Bien sûr, il y a des outils, des appuis qui permettent de baliser le chemin (et la contrainte a quelque chose de magique de ce point de vue, à mon sens). Mais, avant et d’abord, l’écriture est une histoire de cœur.

De rien d’autre que de cœur.

 

 

Crédit photo : Brandon Lopez – Unsplash