Cela fait un moment que je tourne en rond autour de mon clavier avec une idée en tête ! Ça fait 1 an que L’Arbre à Palabres existe (eh oui que le temps passe vite !) et je savais que l’heure du bilan avait sonné. Mais quoi raconter ? Comment ? Pourquoi ? Je ne savais pas. J’avais juste cette envie au creux du ventre de poser sur le papier cette année un peu folle que je me suis autorisée à vivre.

Alors, écouteurs sur les oreilles (Ibrahim Maalouf forever ^^), je me lance et pianote sur le clavier. Les mots prennent vie, sans filtre, sans langue de bois. 1 an déjà !

La vérité, les 1 an de L’Arbre remonte à début 2017. Parce qu’avant de lancer le site, la boutique, la 1ère box, j’ai dû avant tout préparer en coulisse. Trouver la bonne date de lancement, avoir des idées de ce que j’allais bien pouvoir vous raconter, acheter les stocks pour vous proposer les 1ères box, lire tous ces livres que l’on m’a envoyés, écrire un peu aussi. Et puis, tout cet administratif à gérer pour être dans les clous ! Que du bonheur quoi ^^

Et voilà, août est là et la box 1 prend vie. Quelle émotion. Mes 1ères ventes arrivent et avec elles, les 1ers commentaires. Tous me vont droit au cœur. Vous ne pouvez pas imaginer la joie que j’ai eu à lire chacun des messages de toutes ces personnes que je ne connaissais pas et qui pourtant m’étaient si proches. Je crois que ce sont tous ces petits mots égrainés au fil des mois qui m’ont donné l’énergie pour continuer. Parce qu’il en faut de l’énergie pour se lancer dans une telle aventure (oui, oui,  je vous jure !). Entre les nuits de 4h de sommeil, les enfants à gérer, le boulot (parce que tout cela je l’ai fait en plus de mon boulot à temps plein hein !), les sceptiques, les économies qui fondent comme neige au soleil, ceux qui te t’encouragent du bout des lèvres voire pas du tout, ceux qui sourient quand tu leur parles de ton projet, ceux qui te prennent de haut, ceux qui t’ignorent, ceux qui devraient t’encourager et qui ne le font pas, ceux qui jouent un double jeu (je t’encourage devant mais derrière c’est débrouille toi), ceux qui ne font pas ce qu’ils disent, ce qui font ce qu’ils ne disent pas, les fourbes, les râleurs,  les rageux, ceux qui vous disent que vous êtes trop, ceux qui vous disent que vous n’êtes pas assez, ceux qui savent tout mieux que vous, ceux qui pourraient mais ne font pas, ceux qui font sans vouloir, … Eh bien, recevoir quelques encouragements de parfaits inconnus, ça fait un bien mais FOU. Je sais que ces inconditionnels se reconnaîtront et je tiens ici à leur dire « MERCI ». Vous ne vous imaginez même pas l’importance qu’a eue pour moi ce mot, cet achat, ce commentaire, ce partage dans ma petite vie d’entrepreneuse.

Parce que plus d’une fois, j’ai eu envie d’arrêter. De raccrocher. D’abandonner. Cette petite voix dans ma tête qui me disait « Mais pourquoi tu fais ça ?! Pourquoi tu t’infliges ça ? ».

Entre les box qui ne se vendaient pas comme je l’aurais voulu, les déconvenues avec certains auteurs, les proches qui sous couvert de bien faire vous posent la sempiternelle question « Alors ? Tu as vendu combien de box ?» alors que cela fait 15 jours que vous n’en avez pas vendu une seule. Ces économies que vous investissez dans votre projet, parce que OUI j’y crois, moi à L’Arbre à Palabres. Du fond de mes tripes j’y crois. Je ne me suis jamais sentie aussi vivante qu’avec ce projet.

Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement. Martin Luther King

Je me suis lancée dans ce projet parce que je suis instinctivement, viscéralement une amoureuse des mots, une amoureuse des livres. Dans ma vie solitaire, je crois que les livres ont été ma lumière, mon salut. Alors, j’ai eu envie de contribuer à ma manière en partageant tous ces mots, toutes ces histoires passionnantes de gens qui, comme moi, avaient juste envie de partage et d’écoute bienveillante. Et le livre était mon partenaire de crime pour ça haha

Quand les mois passant, je renflouais les caisses avec mes économies pour faire vivre mon projet, je me répétais mentalement « Un jour, ça va chémar » (dédicace à Grand Corps Malade^^). Continuellement. Quotidiennement.

Fin d’année 2017. Je ne suis vraiment pas bien. Je croule sous le boulot. Je ne m’en sors plus. Les reproches de mes enfants, de mon chéri, m’atteignent. Ils me réclament, veulent cette attention que je suis incapable de leur donner. Trop occupée à courir après mes sélections pour les futures box, les vidéos, mes lectures, ma page Facebook, mon insta, mon site web, mon fil Twitter. Bref, débordée quoi ! Je ne  m’en sors plus, je ne respire plus. Je suffoque. Ça ne peut pas durer. Mais … comment faire ? J’ai envie de tout plaquer et de partir loin. De fuir. Pourquoi je me suis embarquée là-dedans !? Ça craint !

Pour vous dire la vérité, j’avais même préparé le mail expliquant pourquoi je décidais de fermer la page et plier bagage. Je vous jure. Et pourtant, ce post vous ne le lirez jamais. Pourquoi ? Parce que, comme dit plus haut, je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ce projet. L’abandonner, c’était m’abandonner moi-même. Et ça je ne voulais pas. Mieux, c’était impensable. Alors, quoi ?! Qu’est-ce que je fais ? Je me laisse tomber ? Je baisse les bras ?

« Bigidi mè pa tonbé » proverbe créole qui veut dire « Vacille mais ne tombe pas »

Je décide de regarder franchement ce qui ne va pas. Ce qui ne résonne plus comme ça devrait en moi. Pour commencer, les box. Tous les mois, c’est trop. Je n’y arrive pas. Physiquement. Financièrement. Mentalement. Alors, je décide de réfléchir à un nouveau format qui me permettrait de respirer un peu. Puis, le site web. Je l’aime beaucoup ce 1er site mais j’ai des projets multiples et j’aimerais qu’ils soient visibles sur mon site. Problème : je ne sais pas comment faire. En plus, j’ai déjà tellement de trucs à faire alors me rajouter ça… c’est comment dire im-po-ssi-ble. Solution 2 : trouver les fonds pour financer ça :/  Clairement ce ne sont pas les ventes de box qui me permettront de le faire hein !! Alors, je mets un peu de côté chaque mois. Quant aux lectures en attente, je décide d’accepter mon retard. Après tout, une journée ne fera jamais que 24h.

Ne juge pas chaque jour à la récolte que tu fais mais aux graines que tu sèmes. Robert L. Stevenson

Et puis, je me suis interrogée sur ma stratégie. Je me suis posée pour revoir tout ça. Me recentrer sur ce que j’avais envie de faire et sur ce que je n’avais plus envie de faire ou de vivre. Je me suis inspirée. J’ai demandé conseil. J’ai rencontré des gens, parlé de mon projet. J’ai cherché aussi. Et…. j’ai fini par me comparer. Je dis « j’ai fini » parce que quelques personnes m’ont conseillé de regarder ce que font les « concurrents ». En gros, ceux qui réussissent là où moi je suis en train d’échouer. Alors, j’ai regardé. J’ai eu envie de faire comme eux. Et, plus je les regardais, plus je me rendais compte du fossé qui me séparait d’eux. Du travail de OUF qu’il fallait que je fasse. De ces photos, de ces vidéos qu’il fallait que je professionnalise, de ce visuel, de ces articles qu’il conviendrait de retravailler. Je n’étais clairement pas assez. Je crois que cette comparaison (qui m’a pris un temps de dingue au passage !) m’a permis de me rendre compte de2 choses : 1/ j’ai bien fait de ne pas m’être comparée avant de lancer L’Arbre^^ sinon je ne l’aurais jamais fait !! 2/ j’ai envie d’être plus dans la vraie vie et moins sur les réseaux sociaux (je réfléchis sérieusement à ce point).

Parce que oui, j’ai fini par faire une overdose des réseaux sociaux aussi. J’en avais marre de toutes ces vies factices que l’on essayait de faire passer pour « trop cool », de tous ces chants de sirène pour te faire acheter la dernière poudre de perlimpinpin à la mode. Etait-ce vraiment ça que j’avais envie de partager avec vous ? Du parfait, du surfait, de l’arrangé ? Incontestablement : NON !

Alors, je décide de garder l’imperfection de mes vidéos. Parce que c’est ainsi que j’ai envie de partager les choses avec vous. J’arrête la box mensuelle et que je remplace par des box thématiques dont je ne sais d’ailleurs pas par quel thème je vais commencer ! Et surtout, je remets l’auteur au cœur de ma démarche en proposant une découverte par semaine d’auteurs que je croise, qui me parle, me touche, m’interpelle.

Et puis, je réalise que les graines que j’ai semées commencent à pousser. De belles collaborations prennent vie.

Les éditions De Borée d’abord. Puis les éditions Marivole où j’intègre leur comité de lecture. Pas sûre de moi, ni de mes choix au départ. Alors, quand je reçois un message d’une éditrice qui me dit « Votre avis est précieux », puis un deuxième « Encore une fois, nous sommes d’accord », puis un troisième, … je sais que je suis là où je dois J

La bibliothèque de ma ville qui trouve mon projet super et me dit réfléchir à la meilleure manière de collaborer 😉 Ça aura mis du temps, mais ce projet de collaboration se concrétisera en décembre 2018 avec un café-lecture où, je cite, elle me laisse carte blanche ^^

Et la radio locale Radio Mau-Nau qui me tend son micro tous les mois pour raconter mes histoires, mes découvertes.

En juin, je lance ma 1ère box nouvelle version ^^ avec de chouettes collaborations de nanas super, qui me touchent, qui me parlent. J’y mets beaucoup. Peut-être trop. Quand on est généreux ! Elle se vend.Timidement. Pas à la hauteur de ce que j’aurais voulu (ne serait-ce que pour rentrer dans mes frais !). Mais pas grave. J’ai donné ce que j’avais à donner.

Je crée un groupe Facebook à mon image : Les Curieux Créatifs où j’ai envie de parler de tout ce qui me fait vibrer. D’écriture, de lecture, de musique, de peinture, de danse, de films, de doutes, de rêves, de cuisine. Bref, un groupe qui sente bon la vie finalement ^^

La fac de Reims qui aime mon profil et me propose d’intervenir pour l’un de leur cours sur tout un trimestre. Et le recruteur de me dire qu’il me choisit parce que, je cite « Je laisserais mon enfant en toute confiance avec vous ».

Et l’ECS qui me propose un contrat à l’année. Lors de l’un des entretiens avec le directeur de l’école, celui-ci m’a dit « Je ne sais pas encore comment, mais ce qui est sûr c’est que l’on travaillera ensemble. » ^^

Cette société de distribution de films d’auteurs qui aime mon approche et me propose un partenariat (je vous en parle bientôt ^^).

Cette association parisienne à rayonnement national qui me propose d’intervenir auprès de jeunes collégiens et lycéens pour parler de livres et d’écriture (ça aussi je vous en parle bientôt 😉 parce que plusieurs personnes leur a parlé de moi. Quoi ?! De moi ?! Mais qui ?! haha

Ce groupe d’entrepreneuses qui veut que je leur parle d’écriture au travers d’un atelier. Re : « MOI ?! Vous êtes sûr ?! »

Tous ces projets qui affluent et pour lesquels je ne sais plus où donner de la tête tellement ils sont nombreux. Et je me dis que si tous ces gens me font confiance, peut-être devrais-je être moi-même plus confiante en osant lancer mes programmes d’écriture, esquisser les bases de ma future maison d’éditions, prospecter quelques radios ou TV pour animer une émission littéraire ^^ Soyons fous haha

Le plus grand des échecs est de ne pas avoir le courage d’oser. L’Abbé Pierre

Alors, c’est vrai. Tout n’est pas parfait. Voire loin d’être parfait. Je doute. Encore. Je me remets en question. Souvent. Mais qu’est-ce que ça fait du bien de se sentir vivante. A sa place. Car oui, je me sens à ma place, comme jamais je ne l’ai été. Je ne sais pas où tout cela va me mener. Certainement que je devrais ajuster, modifier, revoir, adapter, laisser passer, reprendre, essayer, retenter, arrêter, retravailler, prendre du recul, prendre des risques, oser, en décevoir, en conquérir… Ce qui est sûr, c’est que je compte bien aller voir ce que cette vie me réserve 😉 Et promis, je vous raconte ^^

L’arc-en-ciel dit merci à l’orage de lui avoir donné vie. Lydie S.