Avez-vous déjà remarqué, des fois dans la vie, comment les choses étaient bien faites? Comment en étant à l’écoute, la vie vous envoie exactement la réponse qu’il vous faut sur votre chemin.

Franchement, pendant longtemps je n’étais pas du tout attentive à ça. Tellement occupée j’étais à vouloir trouver des solutions, des réponses immédiates à mes interrogations du moment. Car oui, pour capter, pour voir ces petites choses sur son chemin, il faut savoir écouter ou plutôt il faut savoir calmer ce bruit intérieur, cette frénésie qui vous pousse, souvent, à faire les questions et les réponses ! Cette frénésie qui vous pousse à tout interpréter avec une grille de lecture, qui n’est pas celle qu’il vous faudrait, mais qui vous promet une réponse instantanée! L’instantanéité des choses, un mal de notre siècle ! C’est ce qui nous pousse, souvent, à ne plus savoir prendre le temps. Le temps de se poser, le temps de s’écouter, le temps de se calmer, le temps de s’émerveiller et le temps d’observer.

Mais d’observer quoi, franchement?

C’est une question que j’aurais pu me poser il y a encore quelques mois : « Observer quoi ? » J’ai une interrogation, je veux la réponse. Point à la ligne. Et vu que la patience ce n’est pas spécialement mon fort, si la réponse pouvait arriver dans la foulée, ce serait tip top. Alors, en avant toute. J’aurais foncé tête baissée.

La vérité, c’est que cette façon de fonctionner m’a épuisée. Et c’est cet épuisement qui m’a poussée, il est vrai, à me poser et à respirer. N’avez-vous jamais remarqué que plus vous cherchez une solution à quelque chose (je ne parles pas d’un problème mathématique! quoi que !) et moins vous la trouvez? Eh bien dans le cas présent, la mécanique est exactement la même.

Cette mécanique, elle a un nom, c’est la tyrannie du mental. Ce n’est pas moi qui le dis mais des chercheurs émérites qui ont étudié le sujet. En gros, cette tyrannie du mental est caractérisée par 3 faits : 1/ le mental est négatif : nous sommes biologiquement programmés comme ça. Les informations négatives voyagent plus facilement dans notre cerveau ; 2/ le mental est compulsif : nous avons, en moyenne, 60 000 pensées par jour ; 3/ le mental est intérieur : sans soupape de décompression, il ne peut sortir, il tourne donc en boucle.

Plus vous vous obstinez à chercher à tout prix et moins vous trouvez la solution qui vous convient à vous. Celle qui demande d’accepter que les choses ne soient pas toujours simples et que les réponses ne soient pas toujours instantanées. C’est accepter de lever la tête du guidon et d’être attentif aux signaux extérieurs. Souvent, dans ces cas-là, c’est quand votre esprit est libéré de cette pression que la solution se présente à vous comme un cadeau.

J’en ai fait l’expérience il y a quelques semaines. Dans mon aventure d’entrepreneuriat, je suis confrontée (quotidiennement presque !) à des combats intérieurs. Quand ce ne sont pas les doutes, c’est la peur. Quand ce n’est pas la peur, c’est Madame Parfaite. Quand ce n’est pas Madame Parfaite, c’est la confiance ou plutôt Mesdames Habitudes (en mode combo !) qui, dès que vous avez un coup de mou vous tendent les bras et vous disent  » Viens nous voir. Viens t’asseoir, là, à côté de nous pour qu’on t’explique pourquoi il faut que tu laisses tomber ton idée de changement et que tu reviennes à ta réconfortante vie d’avant parce que, tu comprends, c’est mieux comme ça et accessoirement ça t’évitera de te planter ! » Oui, sous leurs attraits sympathiques, Mesdames Habitudes sont redoutables !

Et donc, ce jour-là, je me suis levée avec Mmes H. qui dès le réveil ont entamé leur travail de sape bien huilé. 2 heures après, j’étais au désespoir, en mode « Mais qu’est-ce qui t’as pris ma fille de te lancer dans ce projet de création d’entreprise ?!! Entreprendre, t’es sérieuse là ? » A ce moment précis, je ne voyais que les énormes pierres qui barraient mon chemin : l’argent, la stratégie, les contacts, la promo, …. Conclusion « J’y arriverais jamais ! et puis franchement, qui voudra acheter ma box littéraire ? »

Épuisée, je me décide à faire une pause. Je me lève de mon bureau. Je prends ma tasse. Je la remplis d’eau chaude. Je respire. Je regarde le paysage. Je fais le vide. Je bois mon thé. Pendant 10 minutes, je ne pense à rien. Je suis juste là, à boire mon thé et regarder le paysage.

Je retourne à mon bureau, plus apaisée que je ne l’ai quitté. Je m’assois. Et là, arrive un collègue. Vous savez, le genre de collègue où quand vous le voyez arriver, vous vous dites « Non, pas lui. Pas maintenant. Please ! » Il s’approche donc. Je lui fais mon plus beau sourire 🙂 Tiens, prends toi ça dans les dents Mr Pessimiste ! Et là, ce cher collègue me dit : « J’ai entendu parler de ton projet et je trouve ça super. J’ai d’ailleurs dit à mon épouse en y pensant que j’avais trouvé le cadeau de ma belle-mère ». Il me sort ça, comme ça. A ce moment-là. Alors que je ne lui ai rien demandé. Pire, en le voyant, j’aurais bien voulu qu’il rebrousse chemin ! Franchement, ce cher collègue, je l’ai regardé, je lui ai souri de nouveau. Je me suis mordue la lèvre intérieure pour contenir mes larmes.

La vie m’avait envoyé le signe improbable que je n’osais même pas espérer. Qui plus est, de ce collègue en particulier. Des rencontres comme celles-là, depuis le démarrage de mon projet, j’en ai de plus en plus.

Les réponses aux questions que l’on se pose sont rarement là où nous nous évertuons à les chercher, frénétiquement. Pour les trouver, il faut parfois accepter de les laisser venir à soi 😉